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Cette semaine Asphodele nous a donné comme thème: Ennui.  Je suis repartie au XIXeme et j’était inspirée sauf pour un mots mais comme on pouvait en enlevé un. Voici les mots à utiliser :projet, dimanche, emmerdement,  penser, intimité, hésiter, oppresser, pluie, savoir, morosité, panne, créatif, silence, bâiller,  fatigue, mourir, soupir, ralenti, routine, figé, vide et whisky, xyste, zigzaguer.

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En ce dimanche pluvieux Laura regardait le parc à travers la fenêtre.  Les arbres et la fontaine étaient brouillés  par les gouttes qui ne cessaient de tomber depuis le matin. Malgré la présence de plusieurs personnes dans le salon, dont ses parents et M, le silence régnait, ponctué par quelques soupirs.  Même la comtoise avait cessé ses tic-tacs réguliers car depuis la veille elle était en panne.

Sa mère avait pour dessein de la marier à M. à son plus grand désespoir. Plutôt mourir que d’épouser cet homme qui en aimait une autre, de plus elle-même était éprise de Thomas.

Cependant M n’avait pu refuser l’invitation de madame T à faire un séjour, en compagnie de quelques « amis proches », chez eux. En effet étant en étroite collaboration avec monsieur T pour le travail il ne pouvait refuser sans froisser la sensibilité du couple.

C’est pourquoi ils se retrouvaient tous dans ce salon attendant que la pluie cesse pour vaquer à d’autre occupation.

Madame M avait eu pour projet d’envoyer Laura et M se promener sous le xyste afin de leur créer un peu d’intimité. Malheureusement  le temps jouait en sa défaveur. Elle cherchait donc un moyen créatif de rapprocher ces deux êtres mais la morosité ambiante ne lui permettait pas de penser sereinement.

La cousine Solène baillait de manière à faire comprendre son ennui. Laura la regarda offusquée. Depuis trois semaines cette « chère cousine » s’était invitée à demeure et faisait savoir à qui voulait l’entendre (même à ceux qui ne le voulaient pas d’ailleurs) qu’elle ressentait une grande fatigue, qu’elle était  malade, que cette campagne l’ennuyait, que les repas lui donnait des boutons… Bref elle se plaignait sans cesse.

Plusieurs fois Laura avait hésité à lui dire le fond de sa pensée mais la bienséance qu’on lui avait inculquée lui interdisait ce genre de chose. Une fois encore elle se fit donc violence pour ne pas faire de remarque acerbe.

La jeune femme repris donc sa contemplation de l’extérieur. Soudain Laura vit zigzaguer une voiture dans l’allée. Le conducteur ne devait voir plus loin que le bout des chevaux sous cette pluie.

–         Une voiture arrive, prévint-elle. Je me demande qui cela peut être.

L’assemblé releva les yeux vers elle, curieuse de savoir ce qu’il en était. Une visite changerait cette routine sombre et mélancolique qui avait envahi les habitants de la demeure.

Laura se dressa sur la pointe des pieds pour mieux voir qui osait affronter ce temps.  Le véhicule ralenti et s’arrêta au plus prêt du perron.

–         C’est Marianne, s’exclame t’elle ravi.

A ce nom M s’était levé brusquement son verre de whisky vide à la main. Il resta figé conscient que son élan était révélateur. Madame T leva un sourcil interrogateur devant tant de vivacité.

–         Vous avez raison mon cher M allez donc aider notre visiteuse,  s’écria Laura  sortant ainsi le jeune homme de l’embarra dans lequel il s’était mis.

Il lui fit un signe de tête reconnaissant qui pouvait passer pour  un assentiment.  Laura soudain se sentit oppressée. Un instant dans les brumes de son imagination elle avait cru que c’était Thomas qui arrivait.  Elle était ravie de la visite surprise de sa meilleure amie mais lui enviait le fait qu’elle pourrait voir l’homme qu’elle aimait.

Elle secoua la tête et se ressaisit. Ce dimanche ne serait pas si ennuyeux que cela tout compte fait.

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