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Cette semaine Aspho nous a demandé de plancher sur la métamorphose… Voici les mots que nous devions utiliser:Changement, incrédulité ou incrédule (au choix), papillon, régénérer, chenille, évolution, climat, déguiser, magie, transformation, grossesse, adolescence, éclosion, cafard, majestueux, amour, travesti, éphémère, éperdu, envol. 

J’avoue avoir été influencée par ma dernière lecture pour écrire ce texte 😉

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Je faisais une nouvelle expérience. La transformation d’un corps : mon corps. Depuis toute petite j’aimais expérimenter, décrypter, décortiquer, observer les évolutions. J’avais même obligeait mes parents à rester trois jours de plus  la ferme chez mes cousins afin de pouvoir assister à la magie de l’éclosion d’un œuf de canne lorsque j’avais cinq ans.  Aujourd’hui je voyais ce changement comme une découverte où j’étais moi-même le cobaye.

Lucas a ri quand je lui ai expliqué mon point de vue. J’ai fait la moue car je ne voyais rien de drôle là dedans. Alors tout en m’ébouriffant les cheveux avec tendresse il a essayé de m’expliquer le point de vue des personnes «  normales ». C’est-à-dire les autres, lui aussi, ceux qui ne sont pas comme moi « intellectuellement précoce ». Non pas que  je me considère comme supérieure bien au contraire mais parfois je ne réagis pas « normalement ».

Là où le monde s’offusque je ne voie rien de mal et inversement. Même ma famille est souvent incrédule devant mes points de vue. Heureusement Lucas est là. C’est mon pilier, mon soutien. Il trouve souvent les mots justes pour m’apaiser, me régénérer. Son amour une chose extraordinaire. Et chaque jour je m’en étonne, pourtant cela fait trois ans.

Lors de mon entrée au lycée j’avais deux ans d’avance, Lucas deux de retard. J’étais première, lui dernier et fier de l’être. Nous n’aurions jamais du nous parler, nous rapprocher et pourtant.

Grâce à lui j’avais pu prendre mon envol telle une chenille qui devient un majestueux  papillon.  Il m’avait montrée que je n’étais pas un monstre de foire, que j’étais digne d’intérêt et que je ne faisais pas peur à tout le monde.

Les premiers jours j’ai cru que son attirance pour moi était éphémère. Que derrière ses mots doux, ses sourires  il déguisait une envie de jouer avec moi, qu’il voulait se moquer de « l’intello ». Et puis avec le temps il a su instaurer un climat de confiance. Il m’a fait sortir de mon cafard permanent.

Aujourd’hui au sortir de l’adolescence  je me lançais de manière éperdue dans un nouveau défit : une grossesse. Nous avions bien réfléchis. A deux nous serions assez forts pour l’élever. Devant nos parents nous n’avions pas travesti la vérité : ce n’étais pas un accident, nous avions choisit d’avoir un enfant.

Cela prendra du temps pour qu’ils acceptent notre choix, mais j’ai confiance en l’avenir. Pour le meilleur, notre vie va être métamorphosée.

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