Underground

 

Auteur Haruki Murakami
Traduction Dominique Letellier
Editeur 10/18
Date de parution 06/02/2014
Collection 10/18 Domaine Etranger, numéro 4693
ISBN 2264062703
EAN 978-2264062703

Quatrième de couverture:

20 mars 1995. Des disciples de la secte Aum lâchent du gaz sarin dans le métro de Tokyo.
Qu’est-ce qui fait qu’une telle folie survient dans le quotidien le plus banal ? Comment est-il possible d’être endoctriné au point de commettre un tel crime ? Regroupant les témoignages de blessés mais aussi de disciples de la secte, Haruki Murakami cherche à comprendre.
Victimes et coupables sont-il vraiment si différents que les seconds soient considérés comme le diable en personne ? Et si les fanatiques d’Aum n’étaient finalement que l’effrayant miroir de ce dont nous sommes tous capables ?
Avec ce livre dérangeant, Haruki Murakami développe les thèmes qui lui sont chers – l’étrangeté au monde, le culte du leader, le mal venu des profondeurs -, et livre une des pièces maîtresses de sa réflexion sur l’être humain.

L’avis des sorcières:

Murakami j’avais déjà essayé avec 1Q84. Pas pu dépasser les 100 pages ! L’attentat au gaz sarin de 1995 à Tokyo ? j’avais 10 ans et aucun souvenir de cela, à ma grande honte. Le sujet ? Assez angoissant quand même pour moi qui prends le métro tous les jours avec une tendance à la méfiance dans ces lieux sous terrain.

Bref pas de quoi sauter de joie à l’idée de cette LC avec mon club de lecture. Pourtant j’ai été surprise. Surprise par le genre. Ce n’est pas un roman, c’est une somme de récit, de témoignage des victimes, des médecins mais aussi certains membres de la secte Aum, plusieurs mois après les attentats. Surprise aussi par Murakami qui habituellement part d’un fait réel ou plausible pour basculer dans un monde différent. Ici il parle peu, s’efface face aux personnes touchées par la catastrophe.

Témoignage intéressant qui nous montre une société différente de la notre. Leur réaction est difficile à comprendre. Dans cette société où le travail vous représente on se rend compte que même très malade(le gaz sarin attaque les voix respiratoires, les yeux…) les victimes poursuivent leur journée coûte que coûte.

Les personnes qui ont été touchée ne se posent jamais en victimes et s’excusent presque d’avoir du arrêter leur travail pendant quelques jours. Parfois ils refuseront de se faire hospitaliser et ont repris trop tôt leurs activités. Ils n’ont pas de haine envers les responsables.

Ce qui m’a frappé aussi c’est que personne n’a vraiment paniqué ce jour là de ce fait il a fallu du temps pour se rendre compte que quelque chose de terrible venait de se produire ce qui causa la mort de plusieurs personnes.

Les services d’urgences  n’étaient absolument pas prêts à ce genre de sinistre. Pas d’ambulance, des médecins qui renvoyaient les patients ou qui ne connaissaient pas le protocole alors que quelques mois plus tôt une attaque au gaz sarin avait déjà eu lieu.

Cette partie est assez touchante voir émouvante pour moi qui suis très empathique.

La deuxième partie est plus courte. La place est laissée aux membres de la secte d’Aum. J’ai eu plus de mal a les comprendre mais j’ai trouvé intéressant que l’auteur leur laisse une place aussi car pourquoi toujours entendre qu’une seule voie ? Voir un seul côté ? Même si la seconde face d’une pièce ne nous plait pas elle existe tout de même on ne peut le nier.  Il ne s’agit pas des auteurs de l’attentat mais des membres ou ex-membres de la secte. Comment des individus comme vous et moi peuvent en venir là ? La plupart sont instruit, ont une carrière…

Ici la démarche est différente car il ne s’efface pas complètement. L’auteur prend la parole, réagit.

Une lecture intense, parfois un peu longue mais comment choisir de couper les propos de tel ou tel personne et selon quel critère ?

Une découverte à faire.

J’ai ouvert ces deux fenêtres pour aérer la voiture entre Myogadani et Karakuen, je crois. Quand la rame s’est arrêtée à ces stations, beaucoup de passagers sont sortis, mais personne n’a réagi au fait que j’avais ouvert les fenêtres. Personne n’a rien dit. Tout le monde était tellement silencieux! Aucune réaction, aucune communication. J’ai vécu en Amérique pendant un an et, croyez-moi, si la même chose s’était produite là-bas, ça aurait déclenché tout un spectacle.

Lc avec L’île aux livres et pour le challenge  (Une non fiction)

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