micro-sorcier

Il y a peu j’ai découvert Vincent Tassy avec son incroyable livre Apostasie. J’avais donc envie de le découvrir un peu plus et c’est avec beaucoup de gentillesse qu’il a répondu à mes questions.

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Les sorcières: Comment vous est venue l’envie d’écrire ? Depuis quand ? 

Vincent Tassy: C’est venu très tôt. Dès que j’ai su écrire, en fait. J’écrivais déjà de petites histoires quand j’avais cinq ou six ans ; ça ne s’est jamais vraiment arrêté. Je ne crois pas spécialement qu’on puisse être « destiné » à quelque chose ou « fait » pour quelque chose, mais mon cerveau semble générer avec obstination une substance bizarre qui fait que je ressens ce besoin impérieux depuis aussi loin que je me souvienne.


L.S: Apostasie est votre premier roman. D’où vous est venue l’idée ? Combien de temps vous a-t-il fallu pour l’écrire ?
 

V.T.:Comme pour beaucoup d’auteurs, le fantasme de mon roman s’est développé à partir d’une image séminale, pour reprendre l’expression d’Umberto Eco. Il s’agit bien évidemment de celle de la forêt aux arbres rouges. C’était en 2008. Au désir de cette forêt s’est immédiatement greffée la figure archétypale d’une princesse endormie – il faut dire que ma très lointaine obsession pour La Belle au Bois Dormant a dû finir par s’inscrire dans mon ADN. J’étudiais à l’époque les persécutions des chrétiens, et j’ai bien vite recroisé le terme d’apostasie, dont les consonances m’avaient toujours fasciné, et je crois qu’il s’est dilué en moi poétiquement. Très rapidement, j’ai visualité l’Ovange, cette fleur qui joue un rôle clef dans le livre. J’ai rédigé, entre 2008 et 2009, une première version de l’histoire, beaucoup plus courte et incroyablement mauvaise ; mais au fond, je l’aimais bien, et je savais que je la reprendrais entièrement un jour ou l’autre, ce que j’ai fait à partir de 2011. Des obligations m’ont éloigné du manuscrit pendant un moment, mais je l’ai malgré tout soumis aux éditions du Chat Noir dans une version largement inachevée. Mathieu Guibé et Cécile Guillot manifestaient de l’intérêt pour mon travail depuis la sélection de ma nouvelle « Malvina Moonlore » pour l’anthologie steampunk Montres Enchantées en 2013, et le début du roman leur a plu. J’en ai donc rédigé la suite, principalement en 2014, et j’ai achevé le premier jet en janvier 2015 – je n’oublierai jamais cette journée ; le ciel était blanc, il neigeait. Apostasie est une sphère qui rassemble bon nombre des thématiques littéraires chères à mon cœur.


L.S:Avez-vous d’autres projets en cours ?
 

V.T.:Je termine actuellement la traduction d’un roman young adult de science-fiction pour les éditions du Chat Noir ; une histoire vraiment originale, que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir et à retranscrire en français. J’ai également entamé la rédaction d’une nouvelle pour une future anthologie, d’un roman d’horreur pour enfants et d’un nouveau roman vampirique pour adultes ; tout cela verra le jour dans les deux prochaines années, si tout va bien. Il y a quelques autres projets en discussion, tous aussi réjouissants les uns que les autres, mais je n’en dis pas plus pour l’instant. C’est important, les surprises !


L.S:Quels sont les auteurs qui vous inspirent ?
 

V.T.:Il y en a beaucoup ! Les deux premiers volumes des Chroniques des Vampires d’Anne Rice ont été déterminants dans mon goût pour les vampires, de même que Carmilla de Sheridan Le Fanu et, bien entendu, Dracula de Bram Stoker, sans oublier la sublime « Morte Amoureuse » de Théophile Gautier. J’ai beaucoup lu Edgar Poe, aussi. Rien de bien original, je dois l’admettre, mais ce n’est pas un hasard si toutes ces œuvres sont des classiques indétrônables. Les autres auteurs qui m’ont inspiré et qui ont bousculé définitivement mon imaginaire sont probablement Gabrielle Wittkop, Tanith Lee, Léa Silhol et Poppy Z. Brite. Âmes Perdues, le premier roman de cette dernière, a été l’une des plus monumentales révélations dans mon parcours de lecteur. Et la plume de Léa Silhol, que j’ai découverte avec son sublime La Sève et le Givre, m’a envoûté à un point que je ne saurais même pas exprimer. J’aime beaucoup la grande époque des éditions de l’Oxymore et du Calepin Jaune ; j’ai beaucoup lu Estelle Valls de Gomis et Storm Constantine, pour ne citer qu’elles. On comprend aisément comment mon imaginaire a pu se développer, avec d’aussi brillantes influences !


L.S:Avez-vous un livre préféré ?
 

V.T.:Question difficile ! Âmes Perdues de Poppy Z Brite, Le Nécrophile de Gabrielle Wittkop et Carmilla de Sheridan Le Fanu… mais, encore une fois, c’est vraiment une question très difficile !


L.S:Où les lecteurs pourront ils vous rencontrer (salons, dédicaces) ?
 

V.T.:Prochainement, je serai aux Imaginales (dernier week-end de mai), et en septembre au Salon du Vampire à Lyon ; un événement unique en son genre organisé par le génial Adrien Party et toute son équipe du Lyon Beefsteak Club. Voilà les deux événements prévus pour l’instant. J’invite tous ceux que cela intéresse à adhérer à ma page auteur sur Facebook, Velours Vermine ; c’est le meilleur moyen pour se tenir au courant de ce qui se passe dans mon embryon de vie d’auteur 😉

Apostasie de Vincent Tassy

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Anthelme croit en la magie des livres qu’il dévore. Étudiant désabusé et sans attaches, il décide de vivre en ermite et de s’offrir un destin à la mesure de ses rêves. Sur son chemin, il découvre une étrange forêt d’arbres écarlates, qu’il ne quitte plus que pour se ravitailler en romans dans la bibliothèque la plus proche.
Un jour, au hasard des étagères, il tombe sur un ouvrage qui semble décrire les particularités du lieu où il s’est installé. Il comprend alors que le moment est venu pour lui de percer les secrets de son refuge.
Mais lorsque le maître de la Sylve Rouge, beau comme la mort et avide de sang, l’invite dans son donjon pour lui conter l’ensorcelante légende de la princesse Apostasie, comment différencier le rêve du cauchemar ?

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