J'ai rendez-vous avec toi

272 PAGES | 19€
PARU LE 20 MARS 2014
ISBN : 978-2-35087-251-3

Quatrième de couverture:

« J’ai feuilleté tes agendas de 1944 à 1974. J’ai lu la page de ma naissance. Celle de ta mort. Et la suivante. Tu avais prévu de me téléphoner. »

Lorraine Fouchet a dix-sept ans quand son père meurt d’un infarctus. Ils avaient trouvé le temps de s’aimer, mais pas celui de se parler. Aujourd’hui, Lorraine renoue avec le passé et perce ce trop long silence. En puisant dans les souvenirs personnels et les archives publiques, elle offre le portrait intime et original d’un héros, Christian Fouchet, résistant et gaulliste de la première heure.

Entre confidences, humour et hommage, J’ai rendez-vous avec toi est une déclaration d’amour, un voyage à travers quarante ans d’histoire de France, une biographie qui s’apparente à un roman d’aventures, où s’inviteraient Saint-Exupéry, André Malraux ou Alexandra David-Néel.

L’avis des sorcières:

À l’âge où l’on entre dans la vie d’adulte, où l’on se questionne sur les choix pour son avenir, la jeune Lorraine perd son père qui décède d’une crise cardiaque à l’âge de 63 ans. Quarante ans plus tard , devenue médecin puis romancière Lorraine Fouchet décide d’ouvrir la boîte de Pandore, les boîtes devrais-je dire car c’est dans les nombreux carnets qu’a écrit son père que Lorraine Fouchet part à la rencontre de Christian : l’homme politique, l’ami des plus grand, le père un peu absent.

Christian Fouchet est décédé dix ans avant ma naissance et à ma grande honte je n’en avais jamais entendu parler où alors je n’en avais gardé aucune trace dans ma mémoire. Par contre sa fille oui ! Je suis tombée amoureuse de sa plume avec « La mélodie des jours » puis « Couleur champagne ». Chose amusante lorsque j’ai évoqué cette lecture avec mon père il se souvenait très bien du ministre Fouchet, par contre il ne connaissait pas sa fille. La différence des générations ^^

J’ai donc découvert cet homme à travers les mots de l’auteure et je dois dire que je regrette de ne pas en avoir entendue parler avant. En reprenant ses carnets c’est un acte assez courageux que Lorraine à fait. En effet c’est confronter le point de vue de son père à ses souvenirs à elle. Elle aurait pu découvrir des choses douloureuses. Ça n’a pas du être facile de se confronter au fantôme du passé comme ça n’a pas du être facile de grandir dans l’ombre de ce grand homme.

S’attaquer à un livre sur un homme tel que lui n’est pas une mince affaire. S’attaquer à un livre sur son père n’est pas non plus une sinécure ; on peut vite tomber dans le pathos. Ce n’est pas le cas ici. Je trouve l’auteure assez pudique, racontant des tranches de vie, des anecdotes. Elle est touchante dans les paroles qu’elle écrit à son père. On en apprend aussi un peu plus sur elle, sur ces choix. Elle décrits des actions de son père dans l’après guerre et je pense à mon père qui a grandi durant cette période ( il est née en 44) , elle parle de mai 68 et je me rappelle mes conversations avec mon père sur comment il a vécu cette époque, elle raconte ce que sont devenus les frères et sœurs de Christian et cela m’évoque Bernard et Bernadette, mes oncle et tante que je n’ai jamais connu mais dont mon père parle avec tant d’amour, mais aussi Paul , Thérèse, Lucie et Elisabeth, le reste de la fratrie, car chez nous aussi il y a du monde.

Cette lecture, tout en m’apprenant des choses sur l’histoire politique du XXème (bien que ce ne soit pas le but de cet ouvrage), m’a aussi fait réfléchir à ma relation avec mon père. Les choses non dîtes, les dialogues ratés. J’ai pris du temps pour discuter de ce livre avec mon père. Nous parlons peu politique ensemble. Si ce livre a permit à Lorraine de se rapprocher de son père cela m’a permis de dialoguer avec le mien. C’est une jolie réussite Mlle Fouchet !

(Petit plus comme souvent chez Lorraine Fouchet, le texte est émaillé de titre de chanson. Dans La mélodie des jours j’ava0is découvert le merveilleux Ave Maria de Caccini interprété par Sumi jo, ici je découvre dans un autre registre Ton héritage de Benjamin Biolay.)

Des années plus tard, j’en ai fait mon métier, j’écris des histoires pour permettre aux lecteurs d’échapper à la réalité, de voyager, de s’alléger. Dans un roman, on peut inventer toutes les poupées, tous les minis-ours et tous les pères qu’on veut, personne ne peut vous les prendre.

Publicités