la couleur du lait

Livre, 176 pages,
Couverture souple
Référence : 811184

Résumé:

En cette année 1831, Mary, une jeune fille de quinze ans, entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible, en bref, une banale vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu’on l’a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l’écriture… mais aussi l’obéissance, l’avilissement et l’humiliation. Finalement l’apprentissage prodigué ne lui servira qu’à écrire noir sur blanc sa fatale destinée. Et son implacable confession.

L’avis des sorcières:

Le temps d’une année Mary nous raconte son histoire. La vie à la campagne dans une modeste ferme. Dernière de 4 sœurs, ses cheveux ont la couleur du lait nous dit elle et une « patte folle ». Bien sur elle ne va pas à l’école, ses parents ont besoin de bras pour les travaux de la ferme. Et puis un jour son père lui annonce qu’il se sépare d’elle comme d’un chien dont on ne veut plus. Elle ira chez le pasteur Graham, il l’hébergera, elle sera nourrit et son père sera payé en échange de son travail. De toute façon elle n’a pas le choix. Et c’est cela que Mary va nous raconter. Elle apprendra à lire et à écrire avec le pasteur mais de terrible drame se dérouleront dans cette demeure.

Whaou quelle belle histoire que « la couleur du lait », tragique certes mais racontée telle qu’elle a été vécu par la petite Mary qui tout au long ne cesse de nous le rappeler « Ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main ». Petite Mary qui du haut de ses 15 ans à un sacré caractère et un franc parlé, typique des gens de la ferme de cette époque sans éducation. Elle ne comprend pas que ce qu’elle dit puisse choquer, elle le pense donc elle le dit et naïvement elle pense que les mensonges sont mal. C’est ce coté « brut » qui plait à ses nouveaux employeurs.

Les histoires de la campagne du 19 ème siècle sont bien dépeintes. On vit au rythme des saisons, des animaux, dans des conditions parfois rude (le livre est d’ailleurs séparé en 4 parties : printemps, été automne, hiver). Les fils de bonne famille ne sont pas puni alors que leurs actes seraient répréhensibles (une jeune fille engrossée ? c’est de sa faute à elle voyons ! »).

Le style d’écriture est un peu spécial, en effet c’est donc Mary qui écrit son histoire, qui nous la raconte avec ses mots comme cela lui vient et avec sa manière de parler, ce qui m’écorchait un peu les yeux parfois (« j’ai entré dans la pièce et il était assis »).

Sa vie ne sera pas facile, entre le travaille à la ferme, un père dur, le peu de chaleur maternelle, heureusement qu’il y a son grand-père, le seul qui montre un peu de tendresse dans cette maison et auquel on l’a sent attachée. Lorsqu’elle entre au service du pasteur on sait qu’elle va avoir des ennuis, avec son caractère il ne peut en être autrement. Pourtant elle arrive à se faire aimer de ses patrons. Mais à la mort de la femme du pasteur rien ne sera plus comme avant pour la pauvre Mary. C’est grâce à lui qu’elle apprendra à lire et à écrire et pourra nous livrer son histoire. La fin est terrible, j’ai dévoré les dernières pages, le cœur serré.

C’est un petit roman qui se lit très vite. On ne peut que s’attacher à Mary et vouloir savoir ce qui lui est arrivé. C’est le genre de livre qui une fois refermé nous reste encore en tête un moment. Pas un coup de cœur mais presque.

« ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main.

En cet an de grâce mille huit cent trente et un je suis toujours assise à ma fenêtre. Je sens le vent qui rentre par les fentes du cadre.

Je suis fatiguée et j’ai mal au poignet.

Mais j’ai promis d’écrire la vérité et les choses comme elles sont arrivées. Alors je vais le faire.

Et mes cheveux ont la couleur du lait. »

 

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