Les plumes…

Les plumes

Ah elles m’avaient manquées Les Plumes de ma chère Asphodele . Et c’est justement sur le mot manque que c’est porté la collecte.

Voici la liste des mots ( on pouvait en enlever deux) :

Frissonner, vide, humeur, plume, embellir, enfin, sommeil, drogué, impasse, poésie, torture, plénitude, trop-plein, youpi, énergie, absence, temps, dénuement, bol, idée, déchirement, bus, besoin, rationner, abandonné.

Voici donc mon texte:

Lara frissonna. Assise sur le balcon elle regardait le jour se lever.  Le sommeil l’avait délaissée plusieurs heures auparavant. Trop tôt, bien trop tôt. Elle failli déposer ses cendres dans son bol de café tant elle était plongée dans ses pensées. Ce moment entre chien et loup où la plupart des personnes dorment encore lui avait toujours semblé être un moment étrange, hors du temps. La brume masquait les bâtiments d’en face. Un bus klaxonna au bas des tours, brisant la tranquillité nocturne.

Avant, lorsque ses insomnies l’amenaient sur ce bout de béton au dessus du monde Paul finissait par la rejoindre. L’enroulant de ses bras, il lui murmurait quelques vers de poésie, comme lui seul savait le faire puis la persuadait de retourner dans la chaleur douillette de leur couette en plumes. Elle le suivait en râlant juste pour le plaisir de le contrarier car elle adorait ses moments de tendresse.

La jeune femme secoua la tête. C’était une torture, un déchirement de penser à tous cela mais ses idées revenaient toujours sur le passé. Tel une droguée qui avait besoin de sa dose pour affronter la journée, elle, c’était de ses souvenirs même si elle avait conscience de leur côté toxique.

Elle entendit le bruit d’une porte qui se referme et l’espace d’un instant cru que c’était lui. La réalité la rattrapa très vite. Un vide immense prit la place de son cœur.  Une petite fille aux cheveux blonds comme les blés déboula un doudou qui avait connu des jours meilleurs à la main.

L’humeur de Lara s’embelli d’un coup. Après tout même si lui l’avait abandonné, Sarah , son petite ange, était là. Elle lui transmettait une énergie incroyable. Malgré l’absence de Paul et le dénuement dans lequel il les avait laissées la vie continuait.

Au début elle avait cru être dans une impasse. Sans argent, sans travail … sans mari, les factures avaient commencé à s’accumuler. Elle avait du rationner tout ce qu’elle pouvait. Enfin pour elle, car elle avait toujours fait en sorte que Sarah ai tout ce qui faut.

Lara savait qu’elle ne retrouverait plus jamais ce sentiment de plénitude qu’elle avait éprouvé trois ans auparavant à la naissance de son enfant mais tout n’était pas perdu. Après tout il y avait encore de l’espoir. Après plusieurs semaines de recherche acharnée, elle avait finit par trouver un emploi. Une nouvelle vie pouvait, non, devait commencer.

(A suivre)

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Les plumes…

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C’est sur le thème de la complicité qu’Aspho nous a demandé de composer. Pour ce retour des plumes j’ai ressortie les personnages de mes premières plumes. Voici les mots imposés:

Regard, secret, main, larrons, tiroir, drap, couverture, partager, (se) tramer, connivence, confident, bêtise, proche, rival, neige, empathie, ensemble , amants (au pluriel), nacrer, nomade, noir.

Nous nous lançâmes un regard de connivence. La neige nous avait surpris et obligé  à trouver refuge dans cette auberge simple mais qui semblait propre.L’aubergiste nous ayant pris pour mari et femme nous n’avions osé la détromper ayant peur d’être démasqués. Ensemble, main dans la main, nous avions grimpé les escaliers. Le noir de la nuit à peine coupé par la chandelle que la vielle matrone portait.

Elle ouvrit une porte qui donnait sur une chambre fraîche malgré le feu dans la cheminée de pierre. Sans hésitation elle se dirigea vers la commode et en sortie drap et couverture qu’elle jeta sur le lit unique.

Je me fis la réflexion qu’elle devait nous prendre pour des nomades égarés. Nos vêtements trempés et déchirés par endroits suite à la course à cheval que nous venions de faire, nous rendaient méconnaissables.

Je ne portais aucun bijou à part mon collier d’ambre caché sous ma robe et M avait perdu un de ses boutons de machettes nacré arraché par une branche d’arbre lors de notre fuite.  Quel tableau nous devions offrir!

Madame T nous avait fait suivre et notre rendez-vous secret avait été démasqué par cet homme horrible qui avait tenté de nous faire chanter avec des termes et des insinuations plus que grossier. Nous avions réussi à prendre la fuite sur le cheval de M.  Ma monture s’était sauvée ce qui ferait croire à un accident si jamais elle rentrait au manoir. Un alibi qui nous donnait un peu de temps.

Sans aucune empathie presque hostile même, elle me fixa et me dit que ce serait à moi de faire le lit, qu’elle n’était pas la bonne. Elle ferma la porte et soudain je me rendit compte de la situation. Cette sortie avait tourné à la catastrophe. Alors que M et moi devions passer un moment ensemble dans la forêt, l’espion et la tempête avait tout gâché.

Maintenant M et moi étions coincé ici pour la nuit. Nous étions proches, si proches dans cette pièce close que le rouge me monta aux joues. Quelles bêtises allions nous faire? Nous avions déjà été seul dans diverses circonstances mais jamais dans une chambre où personne ne risquait de venir nous chercher. Cela devrait rester secret au risque que je soit perdue au plus grand plaisir de certaines rivales.

Pourtant je l’avais espéré  cet instant, attendu et rêvé. Cet homme est mon confident, mon ami, mon âme-soeur depuis de nombreux mois.

Sans m’en rendre compte j’avais fermé les yeux. Lorsque je les rouvris il me regardait de ses yeux perçant. Je savais qu’il comprenait mon trouble. Il s’approcha de moi lentement et me serra contre lui. Je retins mon souffle.

« Ne t’inquiété pas. Personne ne saura rien. J’y veillerai tant que les choses ne sont pas officialisées cette histoire restera entre nous. Personnes ne sait que nous sommes là.

Je m’écartais, troublée de voir a quel point il avait vu juste. En baissant la tête  je me dirigeait afin de faire le lit.

Je sentie plus que je ne vit M s’approcher de l’autre côté du lit.

– Tu as déjà fait ça? me demanda t il.

– Qu… quoi? bégayai-je  troublée.

– Un lit? Tu en as déjà refait un?

– Hé bien… Je relevais la tête.

Il me taquinait! Il savait pertinemment que non puisqu’au manoir les femmes de chambres s’en chargeaient. J’attrapais un oreiller et lui lançais à la figure. Il regarda l’objet arrivais sur lui surpris par ce geste puéril. Comprenant ce que je venais de faire il se mit à rire.

– Attention, je suis plus fort que toi! rugit-il

– c’est ce que l’on va voir, répliquai-je en lui lançant le drap que j’avais attrapé entre temps.

Il s’élança autour du lit mains en avant dans l’intention évidente de me chatouiller. Je cherchais à l’éviter en essayant de grimper sur le lit mais mes vêtements lourd de neige fondue me ralentirent. En m’ attrapant par la taille il se mis à me chatouiller.Je m’écroulais sur le lit l’ entraînant dans ma chute. Cette instant de complicité me permis un instant d’oublier les soucis de la journée.

 

Les plumes…

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C’est avec deux listes de mots que nous reviennent Les plumes d’ Asphodèle.

Voici les mots:

LISTE OFFICIELLE :regrets, engranger, boue, repos, découverte, hélianthe, regain,  bond, imprévus, recherche, espièglerie, confiture, allégresse, jubilation, noctambule, brume, respirer, dépaysement, magnifique,  bleu, marais, maudit, myriade.

LISTE FACULTATIVE :Rien, sourire, montagne, déménagement, soleil, question, sagesse, océan, ivresse, tempête, lune, rêve, emménager, mer.

 

Je n’ai pas de regret. J’éprouve presque de la jubilation à l’idée d’être partie comme ça du jour au lendemain sans prévenir, sans laisser d’adresse. Après des mois de galère au travail où l’on m’a trainée dans la boue, utilisée,  j’avais envie de respirer autre chose que cet air vicié. Je voulais du dépaysement.  Pour le coup c’est fait.

Les vacances, nous les attendons tous, pour moi c’était une question de survie !

Aujourd’hui dans ce pays étranger je profite de ces moments de repos pour me ressourcer. Je me suis créé des rituels afin de me délasser comme ces longues promenades aux milieux des hélianthes où j’oublie tout en respirant l’air pur, en regardant le ciel bleu azur. Je fais aussi de magnifique découverte lorsque je choisis l’autre voie, celle des marais avec ces myriades d’êtres  vivants qui m’étaient jusqu’alors inconnus, moi la citadine toujours en train de courir dans la pollution et la brutalité des grandes villes.

Ici j’ai un regain d’énergie, l’allégresse revient en moi et parfois je joue les noctambules rentrant au petit matin dans la brume qui recouvre la route devant chez moi. Une grenouille, soudain, fait un bond devant moi et cette soudaine apparition me fait rire. Je retrouve l’envie de sourire dans cette maison au volet bleu où ma principale préoccupation est de savoir cuire mes confitures comme il faut sans autres imprévus que de manquer de bocaux ou de sucre.

Les images de vacances chez mes grands-parents me reviennent en mémoire. Moi qui pensais ne pas être nostalgique de mon enfance je m’aperçois qu’en réalité cela a toujours été enfuit en moi. Je l’avais juste caché, prise par l’engrenage de  l’envie de réussir.

Aujourd’hui la fin des vacances est proche mais une question me vient en tête alors que je contemple la lune par la fenêtre : vais-je tout abandonner ? Emménager ici afin de me reconstruire une nouvelle vie ? L’ivresse du renouveau me donne envie de dire oui !!!!

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Cette semaine Aspho nous a demandé de plancher sur la métamorphose… Voici les mots que nous devions utiliser:Changement, incrédulité ou incrédule (au choix), papillon, régénérer, chenille, évolution, climat, déguiser, magie, transformation, grossesse, adolescence, éclosion, cafard, majestueux, amour, travesti, éphémère, éperdu, envol. 

J’avoue avoir été influencée par ma dernière lecture pour écrire ce texte 😉

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Je faisais une nouvelle expérience. La transformation d’un corps : mon corps. Depuis toute petite j’aimais expérimenter, décrypter, décortiquer, observer les évolutions. J’avais même obligeait mes parents à rester trois jours de plus  la ferme chez mes cousins afin de pouvoir assister à la magie de l’éclosion d’un œuf de canne lorsque j’avais cinq ans.  Aujourd’hui je voyais ce changement comme une découverte où j’étais moi-même le cobaye.

Lucas a ri quand je lui ai expliqué mon point de vue. J’ai fait la moue car je ne voyais rien de drôle là dedans. Alors tout en m’ébouriffant les cheveux avec tendresse il a essayé de m’expliquer le point de vue des personnes «  normales ». C’est-à-dire les autres, lui aussi, ceux qui ne sont pas comme moi « intellectuellement précoce ». Non pas que  je me considère comme supérieure bien au contraire mais parfois je ne réagis pas « normalement ».

Là où le monde s’offusque je ne voie rien de mal et inversement. Même ma famille est souvent incrédule devant mes points de vue. Heureusement Lucas est là. C’est mon pilier, mon soutien. Il trouve souvent les mots justes pour m’apaiser, me régénérer. Son amour une chose extraordinaire. Et chaque jour je m’en étonne, pourtant cela fait trois ans.

Lors de mon entrée au lycée j’avais deux ans d’avance, Lucas deux de retard. J’étais première, lui dernier et fier de l’être. Nous n’aurions jamais du nous parler, nous rapprocher et pourtant.

Grâce à lui j’avais pu prendre mon envol telle une chenille qui devient un majestueux  papillon.  Il m’avait montrée que je n’étais pas un monstre de foire, que j’étais digne d’intérêt et que je ne faisais pas peur à tout le monde.

Les premiers jours j’ai cru que son attirance pour moi était éphémère. Que derrière ses mots doux, ses sourires  il déguisait une envie de jouer avec moi, qu’il voulait se moquer de « l’intello ». Et puis avec le temps il a su instaurer un climat de confiance. Il m’a fait sortir de mon cafard permanent.

Aujourd’hui au sortir de l’adolescence  je me lançais de manière éperdue dans un nouveau défit : une grossesse. Nous avions bien réfléchis. A deux nous serions assez forts pour l’élever. Devant nos parents nous n’avions pas travesti la vérité : ce n’étais pas un accident, nous avions choisit d’avoir un enfant.

Cela prendra du temps pour qu’ils acceptent notre choix, mais j’ai confiance en l’avenir. Pour le meilleur, notre vie va être métamorphosée.

 

Les plumes…

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C’est sur la lettre D qu’Aspho nous a demandé de composer cette semaine. Les mots étaient donc: Dentifrice, délicatesse, deux, débrouillard, désirer, danse, danger, diplodocus, dentier, désordre, décalquer, drastique, douceur, dédain, désormais, dentelle, dromadaire, don, dédale, déballage, doryphore, drôle, départ, disque, déclin, distiller.

Contrairement à ce que j’aurais cru à première vue j’ai réussie à caser Doryphore, diplodocus et dromadaire! Par contre j’ai laissé  décalqué et débrouillard.

Semaine impaire

Le diplodocus avait succombé aux coups du dromadaire entre le dentifrice et le verre à dent.  Tom les avait laissés tels quels après sa toilette du matin. Je pris les drôles d’animaux en plastique dans mes mains et réprimait un sanglot. Je ne m’habituerais jamais à cette situation. Désormais c’était une semaine sur deux. Décision du juge.  A chaque départ j’avais l’impression qu’on m’amputait  de la meilleure partie de moi-même.

Ce petit bonhomme distillait en moi une joie, un amour incroyable. Il avait le don de me rendre le sourire malgré les moments difficiles.

Je quittais la salle de bain et fis le tour de l’appartement panier à la main afin de ramasser pêle mêle tous les jouets, disques, dentier de vampire « qui fait peur ». Je gommais toutes traces de son passage, son désordre. Cette solution drastique en choquait plus d’un. Ils me regardaient avec dédain, sans douceur. Ces soi-disant amis bien pensant qui ne désiraient pas comprendre mon désespoir, qui préféraient me juger. Mais ce n’était pas pour l’effacer lui que je faisais cela simplement je n’arrivais pas à rentrer chez moi quand je risquais de tomber sur ses jeux. C’était trop douloureux. De plus j’adorais le moment du déballage, à son retour. Il était émerveillé de retrouver ses voitures, ses cubes comme s’il s’agissait de nouveautés.

Une fois tout cela rangé je me préparais pour le travail. Professeur de danse. La délicatesse, la maîtrise des gestes,  les efforts constant à fournir me permettaient de rester ancrée dans la réalité, de  ne pas sombrer dans ces dédales d’idées noires qui m’assaillaient nuit et jour « l’autre semaine ».

Le danger était de croire qu’il ne reviendrait pas, qu’il préférait son père. Lorsque notre couple était sur le déclin c’est ce que me disait Franck. Comment, alors qu’au début tout n’était que roses et dentelles, nous avions pu en arriver là ?

Avant de claquer la porte sur mon appartement vide je me regardais dans le miroir. Je ne ressemblais plus à la jeune femme insouciante et gaie que j’étais. Je serrais très fort mon trousseau de clés. Un doryphore en plastique que Tom et Franck m’avaient confectionnée pour mon anniversaire dans une autre vie. C’était devenu mon gri-gri.

Voilà une nouvelle semaine impaire commençait.

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Photo http://www.monbebecheri.com/photo-de-famille-moderne/

Les plumes …

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Après une absence de ma part il y a quinze jours pour causes de surbooking ma revoilà pour les plumes d’ Asphodele

Le théme de l’air et ses  mots m’ont inspirée un petit texte. ( c’est une pure invention, rien d’autobiographique dans mes écrits)

Voici les mots: Temps, vie, chanson, rien, diva, furibond, montagne, souffle, pollution, tempête, ballade, léger, envoyer, courant, bulle, prendre, gonfler, voleter, brèche, blesser, balançoire.

Rien ne va ! Le temps passe et la vie aussi. Un clin d’œil, un battement d’aile de papillon, une bulle de savon que souffle un enfant et qui éclate. Toutes ces petites choses qui avant m’émouvaient,  me laissent aujourd’hui de marbre. Je ne veux pas jouer les divas blasées, je suis juste blessée.

Mon cœur, mon esprit se sont arrêtés il y a de cela douze mois. Depuis je me laisse bercer par le courant du temps.

Il est partie sans rien prendre. La montagne lui ferait du bien avait-il dit. Je lui avais envoyé un regard furibond. Je voulais l’accompagner, il le savait mais il a refusé. La distance nous ferait du bien ! A lui peut être, mais moi je voyais cette brèche entre nous qui chaque jours s’élargissait.

Assise sur la balançoire je repense à cette chanson dont le titre m’a échappé et qui disais que l’absence n’était rien lorsqu’on s’aimait. C’était sa chanson préférée.

Ce jour là dans la montagne le vent léger à gonflé sa voile. Il aimait cette sensation d’être libre dans cet univers calme et pure, sans pollution, sans le stress de la ville. Et alors qu’il regardait voleter les oiseaux et les autres être de l’air, la voile s’est déchirée.  Il n’a pas su réagir, tout est aller trop vite. Tout va toujours trop vite.

Je dois arrêter ma ballade dans le temps, la tempête s’annonce et je dois rentrer. Notre fille va bientôt se réveiller. Elle ne le connaitra jamais, elle n’était pas encore née.

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Cette semaine Asphodele nous a donné comme thème: Ennui.  Je suis repartie au XIXeme et j’était inspirée sauf pour un mots mais comme on pouvait en enlevé un. Voici les mots à utiliser :projet, dimanche, emmerdement,  penser, intimité, hésiter, oppresser, pluie, savoir, morosité, panne, créatif, silence, bâiller,  fatigue, mourir, soupir, ralenti, routine, figé, vide et whisky, xyste, zigzaguer.

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En ce dimanche pluvieux Laura regardait le parc à travers la fenêtre.  Les arbres et la fontaine étaient brouillés  par les gouttes qui ne cessaient de tomber depuis le matin. Malgré la présence de plusieurs personnes dans le salon, dont ses parents et M, le silence régnait, ponctué par quelques soupirs.  Même la comtoise avait cessé ses tic-tacs réguliers car depuis la veille elle était en panne.

Sa mère avait pour dessein de la marier à M. à son plus grand désespoir. Plutôt mourir que d’épouser cet homme qui en aimait une autre, de plus elle-même était éprise de Thomas.

Cependant M n’avait pu refuser l’invitation de madame T à faire un séjour, en compagnie de quelques « amis proches », chez eux. En effet étant en étroite collaboration avec monsieur T pour le travail il ne pouvait refuser sans froisser la sensibilité du couple.

C’est pourquoi ils se retrouvaient tous dans ce salon attendant que la pluie cesse pour vaquer à d’autre occupation.

Madame M avait eu pour projet d’envoyer Laura et M se promener sous le xyste afin de leur créer un peu d’intimité. Malheureusement  le temps jouait en sa défaveur. Elle cherchait donc un moyen créatif de rapprocher ces deux êtres mais la morosité ambiante ne lui permettait pas de penser sereinement.

La cousine Solène baillait de manière à faire comprendre son ennui. Laura la regarda offusquée. Depuis trois semaines cette « chère cousine » s’était invitée à demeure et faisait savoir à qui voulait l’entendre (même à ceux qui ne le voulaient pas d’ailleurs) qu’elle ressentait une grande fatigue, qu’elle était  malade, que cette campagne l’ennuyait, que les repas lui donnait des boutons… Bref elle se plaignait sans cesse.

Plusieurs fois Laura avait hésité à lui dire le fond de sa pensée mais la bienséance qu’on lui avait inculquée lui interdisait ce genre de chose. Une fois encore elle se fit donc violence pour ne pas faire de remarque acerbe.

La jeune femme repris donc sa contemplation de l’extérieur. Soudain Laura vit zigzaguer une voiture dans l’allée. Le conducteur ne devait voir plus loin que le bout des chevaux sous cette pluie.

–         Une voiture arrive, prévint-elle. Je me demande qui cela peut être.

L’assemblé releva les yeux vers elle, curieuse de savoir ce qu’il en était. Une visite changerait cette routine sombre et mélancolique qui avait envahi les habitants de la demeure.

Laura se dressa sur la pointe des pieds pour mieux voir qui osait affronter ce temps.  Le véhicule ralenti et s’arrêta au plus prêt du perron.

–         C’est Marianne, s’exclame t’elle ravi.

A ce nom M s’était levé brusquement son verre de whisky vide à la main. Il resta figé conscient que son élan était révélateur. Madame T leva un sourcil interrogateur devant tant de vivacité.

–         Vous avez raison mon cher M allez donc aider notre visiteuse,  s’écria Laura  sortant ainsi le jeune homme de l’embarra dans lequel il s’était mis.

Il lui fit un signe de tête reconnaissant qui pouvait passer pour  un assentiment.  Laura soudain se sentit oppressée. Un instant dans les brumes de son imagination elle avait cru que c’était Thomas qui arrivait.  Elle était ravie de la visite surprise de sa meilleure amie mais lui enviait le fait qu’elle pourrait voir l’homme qu’elle aimait.

Elle secoua la tête et se ressaisit. Ce dimanche ne serait pas si ennuyeux que cela tout compte fait.

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Cette semaine Asphodele nous a donné comme thème: Transparence. Voici les mots à utiliser :

Invisible, fantôme, innocence, introuvable, dentelle, brouillard, psyché, honnête, insignifiant, dessous, eau, politique, diaphane, visible, cristal, nudité, blog, voile, lumière, lagon, briller, vérité, fantaisie, traverser,  vagabonder, vapeur, vin.

 

Chaque matin j’arrivais devant l’entrée du bâtiment, invisible fantôme  parmi la foule pressée. Ici il n’y avait plus de place pour l’innocence, trop vite balayée par une politique violente où le plus faible était rabaissé, où la personne honnête était menacée et parfois même frappée afin d’assurer son silence.

Etre pâle et diaphane, je traversais la cours rapidement afin de rejoindre la salle de classe au plus vite. Je ne faisais pas partie de cette catégorie d’adolescent au bas de l’échelle ni même de ceux qui se considéraient comme l’élite.  J’étais insignifiante. J’avais compris depuis longtemps comment me fondre dans le décor afin d’échapper au regard.

La journée s’écoulait lentement, cours après cours, sans intérêt, aucun. Parfois je parvenais à m’échapper. Assise dans un coin  à la bibliothèque, je me plongeais dans des récits qui m’emmenaient loin vers des îles  pleines de pirates et de perroquet nommé Flint, des lagons bleus brillants de mille feux sous le soleil qui dorait ma peau et où Paul pêchait en attendant le retour de Virginie,  puis les vapeurs du verre de vin que m’offrait un gentleman-cambrioleur m’enivrait. Malheureusement le temps s’écoulait vite et je devais retourner à la réalité.

Pourtant le soir lorsque la porte de ma chambre se refermait, la psyché me renvoyait une autre image.  Le brouillard se dissipait et je traversais un voile numérique. L’écran s’allumait. Mes doigts vagabondaient sur le clavier. J’écrivais un monde où l’invisible devenait visible, où la pacotille devenait cristal.

Non, je ne camouflais pas la réalité. Je faisais juste briller la lumière de la vérité. Sans aucune fantaisie je racontais sur mon blog les dessous d’une vie qui n’était faite ni de dentelle ni de paillette.

Chaque articles étaient suivi par presque tous les élèves du collège et largement commenté. Ils  se rendaient compte de ce qu’il y avait dessous, introuvable ailleurs : une critique de la société  dans laquelle nous nagions en eaux troubles sans savoir ce que nous réservais l’avenir. Le présent était déjà bien compliqué.

Ma victoire était simple : derrière cet écran je pouvais être moi-même.  Je me rendais compte que cela était paradoxal puisque personne ne savait qui j’étais. Ici je me dévoilais et écrivais ce que j’avais sur le cœur. Je mettais à nue mes sentiments, ce qui me choquait ou m’horrifiait.   Nudité relative car couverte d’anonymat.

Cette page me permettait de résister à la détresse qui se frayait un chemin dans mon cœur un peu plus chaque jour. Je voulais être plus forte et je me promettais d’y parvenir quelque soit le moyen. 

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Cette semaine Asphodele nous a donné comme thème: les masques. Voici les mots à utiliser (nous pouvions en retirer un):

Visage, camouflage, armée, plume, vénitien, jaune, déguiser, bal, argile, mensonge, embaumer, comédie, celer, mystère, pailleté, crème, farandole, grimace, hypocrisie, dissimuler, unir, usure, unique.

Je devrais prendre le temps de rassembler ces textes et de faire des transitions . Une petite histoires serait sympa mais il faut que je trouve le temps 😉 Déjà là je ne suis pas satisfaite mais je n’ai pas le temps de réécrire autre chose . Bonne lecture tout de même.

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La saison des bals battait son plein. Chaque semaine  proposait son lot de distraction et malheur à qui était oublié dans les invitations ou pire ne pouvaient se déplacer alors qu’il avait reçu le fameux sésame ! En effet à moins d’avoir une raison valable, comme être sur son lit de mort et encore,  aucune absence n’était tolérée sans quoi le pauvre homme ou la pauvre femme était mis aux bans de cette « bonne société »

Evidemment tout le monde cherchait à faire mieux que celui que nous avions donné en ouverture de saison mais sans y parvenir.

Ce soir c’était déguisé et le visage masqué que nous devions nous rendre chez madame T. Je trouvais grotesque  cette façon de se dissimuler derrière des crèmes pailletées. Je ne voyais pas pourquoi je devais être armée de plumes et autres accessoires afin de satisfaire les lubies d’une femme que je ne côtoyais que lors de ces soirées.

En effet depuis qu’elle avait compris mon inclination pour M. et surtout le fait que mes sentiments étaient partagés elle n’avait de cesse de me critiquer et d’user de mensonges auprès de ses proches afin de me salir. J’avais détruit ses espoirs quand à son idée d’unir Laura sa fille ainée avec M et elle ne me le pardonnerait jamais.

Mère voulait absolument aller à ce bal. Elle trouvait le fait de se déguiser comique et adorait jouer la femme mystère. Elle m’avait déclarée que c’était l’unique occasion de retrouver ses vingt ans. Evidemment elle ne pouvait y aller sans moi et à mon grand désespoir elle fit faire pour moi une robe jaune remplis de plumes. Je ne sus cacher une grimace d’horreur en découvrant ce tas de tissus froufroutant et qui allait surement me donner des allergies.

Le bal arriva bien trop tôt et c’est grimée en une sorte de canari neurasthénique que je du faire la révérence devant madame et monsieur T. Elle eu l’hypocrisie de me dire qu’elle me trouvait charmante et je du la remercier de sa gentillesse. Cette comédie me déplut fortement mais mère était aux anges et je n’avais de cœur à la décevoir encore une fois.

La salle était pleine de monde qui déjà avait commencé une farandole.  Des lanternes vénitiennes étaient disposées partout et de nombreux bouquets de fleurs embaumaient la pièce. Je reconnu Laura et je la rejoignis car malgré sa mère nous étions amies. Elle me prit la main et m’emmena dans un coin tranquille où nous pouvions discuter à notre aise sans la moindre retenue.

Je lui avouais mon indignation quand à ce costume que j’avais du revêtir et elle m’expliqua que c’était elle qui avait eu l’idée de ce bal. Je failli m’étrangler devant ses aveux. Elle rit en découvrant mon regard ulcéré et m’expliqua que cette idée de camouflage lui était venue quand elle avait cherché à introduire Thomas, son soupirant secret dans la demeure.

Je n’étais pas sans savoir que sa mère ne voyait pas d’un bon œil cette union (à croire que les parents avaient en horreur tout homme qui se présentait en qualité de prétendant dès lors que ce n’était pas celui qu’ils avaient choisit).

Elle pensait finir par modeler l’avis de sa mère comme une boule d’argile avec le temps et la patience. Sa première pierre à l’édifice était donc de faire entrer en cachette son amoureux. Je lui dis que son plan comportais des failles mais elle les balaya de la main.

Avant de le rejoindre elle me fit promettre de celer tout cela. Bien que n’étant pas du tout sure du résultat je promis et elle m’embrassa, ravie d’avoir soulagé sa conscience et prête à rejoindre les danseurs sur la piste.

Voyant que je ne la suivais pas, elle revint me chercher et me tira dans la ronde. Peu à peu j’oubliais mon costume-oiseau et pris plaisir à danser. J’oubliais  pour un temps mes propres soucis : mère et son envie de cure de jouvence, père et sa farouche détermination à m’éloigner de M , madame T et ses manigances. Je décidais ce soir là de m’amuser comme toutes les jeunes filles de mon âge.

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Cette semaine Asphodele nous a donné comme thème le feu. Pour cette 18 ème éditions voici les mots imposés : chaleur, soleil, jeu, âtre, glace, bois, passion, fascinant, brûler, enfer, flammes, purifier, braises, intense, syncopé, secousse, sable.

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Le gigot et autres bonnes choses du repas de noël ayant vaincu ma résistance je n’ai pu écrire ce texte dans les temps.

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Le bal était terminé. Je m’étais plongée dans ce fascinant regard, ces deux braises qui m’avait brûlé l’âme des notre première rencontre. L’enfer n’eut été plus brûlant. Chaque mot qu’il me soufflait à l’oreille faisait monter en moi une chaleur intense.  A tel point que je devais fréquemment me diriger vers les tables afin de consommer des glaces et calmer le feu de mes joues.

Mère me jeta bien souvent quelques regards courroucés. J’en entendrais parler pendant des jours mais là devant tous nos invités elle n’avait osé dire un mot.  Père, occupé qu’il était à parler du cours du bois et les complications qu’avait crée l’achat de cette nouvelle scierie, ne vit rien.

Allongée, à présent dans mon lit, je ne pouvais m’empêcher de repenser au plaisir intense que j’avais ressenti lors de nos danses syncopées ou de ces jeux auxquels chaque  participants c’étaient lancé avec passion. Les rires avaient fusé et la joie se lisait sur tous les visages.

Vers minuit nous avions réussi M et moi à nous éclipser derrière un rideau, lourde tenture de velours rouge. Enfin nous avions pu nous étreindre malgré le risque d’être découvert. Après un long baisé passionné il me tendit une boîte. Je l’ouvris fébrile. Elle contenait un merveilleux pendentif d’ambre en forme de soleil. Mon symbole. Je réprimais un cri de joie et lui demandais de me le passer immédiatement autour du coup.

Je lui offris aussi le présent que je lui avais préparé : un minuscule flacon de verre, monté sur une chaîne d’argent, contenant du sable blanc purifié par la lune–mère.  Il le prit avec d’infime précaution, il en savait la valeur.

Malheureusement rien n’est éternel. Ainsi je me retrouvais bien trop tôt couché dans cette chambre, seule, regardant les flammes crépiter dans l’âtre. Même lorsqu’il ne faisait pas froid je demandais ce feu afin de m’hypnotiser dans le jeu de couleurs  chaudes.

Je pensais à M en me plongeant dans ce feu et soudain je fus prise de violentes secousses. Comme il allait me manquer. 

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Les plumes …

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Cette semaine Asphodele nous a donné comme thème la beauté. Pour cette 17 ème éditions voici les mots imposés (dont trois en R qui m’ont donné du fil à retordre ):

Miroir, nature, nocturne, lumière, vénéneux, délicatesse, piano, contemplation, ensorceleur, temps, bouquet, éphémère, intérieur, sulfureux, déesse, rouge, couleurs, ruissellement, ravir, rosée

C’est ma deuxième participation et j’étais assez motivée et inspirée.

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     Je me regardais une dernière fois dans le miroir. Mon visage changeait de couleurs en même temps que les émotions me submergeaient. Je passais du rouge, au rosé avant de devenir blanche comme un être spectral.  J’étouffais et décidais d’ouvrir la fenêtre le temps de retrouver un semblant de paix intérieur. La vue donnait sur le jardin si bien que je ne savais si les invités arrivaient. Je m’abîmais dans la contemplation  des lumières nocturnes : lune, étoiles et vers luisant illuminaient  le ciel et la terre. Et pendant un instant pensant à ces joyaux de la nature j’oubliais tout : le bouquet de lys blancs et roses rouges avec ces simples mots : je serais présent, pleins de promesse car je savais qui m’avais envoyé cet éphémère présent.

Soudain la délicatesse des notes de piano me sortie de ma torpeur. Le signal. Il était temps que j’affronte ce moment tant rêvé et tant craint. Je repassais devant le miroir une dernière fois : mes cheveux étaient tirés en chignon et quelques mèches folles en sortaient. Je décidais de ne pas les remettre en place même si j’aurais droit à des froncements de sourcils désapprobateurs de la part de mère. Ce soir ce n’était pas à elle que je souhaitais plaire. Ma robe couleur rose poudrée m’allait à ravir. Je me sentais belle.

Je sortis enfin de ma chambre et me retrouvais en haut des escaliers du hall principal. Les domestiques sous les ordres de mères avaient fait un travail extraordinaire. Des fleurs fraîches, des fruits, des branches formaient des guirlandes qui embaumaient la maison. Cette fête de la déesse s’annonçait comme la plus merveilleuse de toutes celles auxquelles il m’avait été donnée de participer.

Toutes les personnalités qui comptaient dans la ville étaient présentes chaque année à ce bal donné par ma famille depuis plusieurs générations. Nous fêtions ainsi le début de l’été. A cette occasion, quelques semaines auparavant, un ruissellement de « bonnes » amies arrivait à la maison pour me chercher : « comme cela fait longtemps, on ne devrait pas rester si longtemps sans se voir, et au fait pour la fête de la déesse… »  Ces hypocrisies dans le seul but de décrocher une invitation m’horripilais. Père était ravi cela me faisait sortir dans le beau monde où je pourrais rencontrer un bon parti, en tout cas surement plus facilement que dans mes livres, enfermée dans la bibliothèque.

La musique s’arrêta et tous les regards convergèrent dans la même  direction : la mienne. Je reconnu le maire et son épouse, le docteur et ses fils. Il fallait que je descende mais j’étais figée.  Je ne voyais pas la seule personne qui me faisait être présente ce soir. Ce pouvait-il qu’il m’ait menti ?  Trahit encore une fois ? Tous mes doutes s’effacèrent lorsque je le vis au pied de l’escalier dans un costume noir magnifique. Il me sourit. Mon cœur oublia de battre un instant. Il était toujours le même : sulfureux, ensorceleur, vénéneux.

M. était venu.

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Les plumes…

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Pour cette 16eme édition voici ce qui nous a été proposé par Asphodèle (pour en savoir plus c’est ici : Les lectures d’Asphodèle, et les humeurs…)

La forme requise : une lettre

Les mots imposés : plume, épistolaire, échange, relation, courrier, essoufflement, assortiment, liaison, amoureux, carte, rencontrer, lettre, souvenir, distance, train, couleur, pétrifier, pantin, perpétuel.

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Voici donc ma première participation, qui n’est pas formidable. Je manque de temps mais je voulais tout de même participer :

Cher M.

Encore une fois je prends ma plume. Encore une fois je trace des mots qui me rapprochent de toi. Je t’imagine lire  ce courrier au coin du feu, de chérir cette lettre, de l’embrasser. Mais est-ce la réalité ou ai-je perdue la raison ? Peut-être au contraire tu m’as déjà oubliée. Tu auras jeté cette enveloppe crème dans l’âtre dès que tu auras reconnu mon écriture.  Cette relation épistolaire me torture autant qu’elle me fait vibrer. J’imagine des choses qui n’existeront jamais ou alors seulement dans mes songes.

Le souvenir de nos escapades nocturnes me revient chaque fois que la lune se lève. Cet astre luisant me rappelle chaque nuit ton absence, tes silences qui deviennent de plus en plus long. Est-ce l’essoufflement de ton inclination à mon égard ? Peut être même une nouvelle rencontre te fait elle douter de tes sentiments amoureux ? Où est-ce seulement ton travail qui t’accapare tout entier et te coupe de moi ? Je sais bien que si c’est une autre tu ne me l’écriras pas alors je suppose, je me représente des scènes horribles où je te perds à jamais.

Je suis pétrifiée en imaginant que tu te lasses de nos échanges. Et si la distance nous éloigne plus que physiquement ? Tu le sais aussi bien que moi les heures de train qui nous séparent  sont un tourment perpétuel  pour mon esprit fragile. Chaque jour je regarde la carte et je trace du doigt le trajet qui nous sépare comme si cela pouvait me faire voyager vers toi.

Hier, père m’a obligée à l’accompagner au théâtre, un spectacle de pantin où il voulait me faire rencontrer le nouveau banquier qui s’est installé dans notre rue.  Un horrible moment à vrai dire. L’assortiment de bruit, de personne, de couleur m’a fait me sentir mal.  Nous avons du rentrer au plus vite et je me suis étendue dans le petit boudoir jusqu’ au repas.

Mère était inquiète je l’ai rassurée comme je l’ai pu. Je ne la tromperai plus longtemps. Un jour je lui dirais tout et ce jour là tout sera perdu. Car tu la connais elle s’empressera de raconter à père notre amour et alors… Non je n’ose imaginer ce qu’il te ferait.

Tu le vois je suis dans la tourmente. Écris-moi, réponds- moi, rassure- moi.

Bien à toi.

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