Même pas mort

Auteur Jean-Philippe Jaworski
Editeur Gallimard
Date de parution 29/01/2015
Collection Folio Science-Fiction
EAN 978-2070457748
ISBN 2070457745

Quatrième de couverture:

Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, roi des Turons. Pendant la Guerre des Sangliers, le haut roi, mon oncle Ambigat, a tué mon père. Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés. Le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril, et je suis tombé dans un fourré de lances. Mais l’impensable s’est produit : je ne suis pas mort.

L’avis des sorcières:

Lecture commune avec L’île aux livres

C’est le premier livre de Jean-Philippe Jaworski que je lis et j’ai vraiment aimé découvrir ce roman, même si j’ai eu un peu de mal (je vous expliquerai  pourquoi plus loin). Ce livre, premier tome de la trilogie de  » Rois du monde » nous amène à la découverte du monde celte, avec ses us et coutumes, ses croyances, ses rituels de passage à l’âge adulte. A cette époque, difficile à déterminer d’ailleurs, le but ultime de la vie d’un homme est de mourir au combat. L’auteur nous transmet sa connaissance de ce monde celte à travers le récit de Bellovèse. Bellovèse est un des fils de Sacrovèse, qui était roi des Turons. Pendant la Guerre des Sangliers, ce dernier est tué par Ambigat, l’oncle de Bellovèse. Sa famille et lui se retrouvent exilés au fin fond du royaume car Ambigat  ne peux tuer les enfants ni les garder trop proche de lui. Les années passent, et un jour Bellovèse atteint l’âge de devenir un homme…

Bellovèse nous sert de guide. C’est lui qui nous contera son récit. Car même s’il n’est pas roi, comment tomber dans l’oubli, alors qu’il n’est même pas mort sur le champs de bataille, et qu’il revient de l’île aux Vieilles. Il nous conte donc son histoire de tel façon que son récit peut paraître déstructuré: le premier chapitre est actuel, il s’adresse à nous, il revient à l’épreuve de sa quête, à ce qui l’a amené là, puis à son enfance où il est plein de fougue et d’espièglerie, puis revient au terme de sa quête… bref beaucoup de sauts dans le temps qui peuvent décontenancer le lecteur. Outre Bellovèse, qui est le personnage principal, nous ne sommes pas en reste avec les personnages secondaires (la mère de Bellovèse, son frère Sergillos, Sumarios le héros, Albios le druide-barde), ils sont bien travaillés, ont chacun leur histoires, leur passé, leur destinée, leur motivation. Tous apportent leur pierre au récit.

Jean Philipe Jaworski a su magnifiquement mêler sa connaissance de l’histoire du peuple celte et de ses croyances, sans se prendre dans le piège de nous donner un cours. Il a réalisé un magnifique mélange entre historique et romanesque, ce qui rends sa lecture agréable. Il a aussi un certains amours des mots qui se ressent à la lecture. Nous sommes entraînés dans un univers complexe (avec ses codes, sa hiérarchie) , empli de batailles (épiques et dures) , de destinés ( échappant aux protagonistes), de croyances (qui sont diffuses: nous nous demandons si Bellovèse rencontre vraiment ses entités ou si il les imagine dans un accès de fièvre.), la beauté des paysages. Ce tome a une fin en soit: il amène des questions auxquelles il répond ,enfin quasiment à toutes.

Alors pourquoi n’ai-je pas adoré ce livre… bah par ma faute: ce livre demande à être lu de manière assez assidue quand même et pas 10 pages par-ci par-là en fonction de quand on a le temps (de part les sauts temporels, la complexité du monde). Il faut aussi une certaine connaissance des croyances celtes pour apprécier pleinement certains passages, et comprendre ce qu’ils sous-entendent vraiment (celui du chaudron par exemple). Malgré tout ce roman a été une très belle découverte ainsi que de son auteur d’ailleurs. Je pense poursuivre cette aventure, mais je prendrais le temps de relire ce tome 1 convenablement.

Mon histoire commence au-delà du bout du monde. Là-bas, la terre s’effondre, hachée par des mâchoires divines. Des murailles de roche striée, crevassée, fendue et refendue, s’abîment dans des gouffres où mugit l’océan, celui qui borde les îles des morts.

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