C’est lundi, que lisez vous? # 117

C'est lundi

 

« C’est lundi que lisez-vous ?  » est un rendez-vous livresque à l’origine initié par Mallou, aujourd’hui repris par Galleane, du blog : Le blog de Galleane.

Le principe est simple, il suffit de répondre à 3 questions :
1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
Adeline: Colocs
Marie :  Outlander, tome 1
Anne:     Manesh
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
Adeline: La vie secrète d'une mère indigne
Marie :  Gabriel
Anne:   Manesh
 
3. Que vais-je lire ensuite ?
Adeline:
Marie:  Inestimable, ep5 Inestimable, ep6 Inestimable, ep7
Anne:   Félidés
 
Et vous que lisez-vous?

Après la vague d’Orianne Charpentier

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Auteur Oriane Charpentier
Editeur Gallimard jeunesse
Date de parution 02/01/2014
Collection Scripto
EAN 978-2070653331
ISBN 2070653331

Quatrième de couverture:

Au soleil, devant une magnifique mer verte, une famille est attablée à la terrasse d’un hôtel thaïlandais. Ils discutent, se disputent un peu. Max et sa soeur jumelle, Jade, 16 ans, décident de rester à l’hôtel pendant que leurs parents et leur frère aîné, Albert, partent en excursion. Une heure plus tard, une vague apparaît. Une énorme vague qui vient tout engloutir. Dans leur course folle pour survivre, la vague emporte Jade. Max n’a pas pu sauver sa soeur. Commence alors pour lui le long chemin du deuil, de fugues en rencontres, pour retrouver une place dans le monde des vivants… Prix des Lecteurs « 13-16 ans » du Mans et de la Sarthe Prix Margueritte Audoux.

l’avis des sorcières:

2004 Max et sa famille sont en vacances. Max a 16 ans et ne souhaite pas accompagner ses parents visiter un temple. Il préfère nettement draguer sur la plage. Après une discussion, ses parents acceptent qu’il reste. Ils partent donc faire leur visite avec Albert l’ainé de la fratrie. Jade, la sœur jumelle de Max, propose de rester avec son frère. Ils profitent alors de la mer. Au bout d’un certain temps au loin un point brillant apparait, intrigué tout le monde regarde mais ce point grossit et rapproche. Une vague énorme va s’abattre sur la plage. Jade et Max court pour rejoindre les hauteurs et se mettre en sécurité mais la vague est plus rapide et les engloutie. Max survivra mais Jade ne réapparaitra jamais. Après une période de convalescence il rentre chez lui et doit réapprendre à vivre sans sa sœur, avec un tel traumatisme. Sa famille est présente pour lui mais il se sent seul, a du mal à accepter ce qui s’est passé et s’en veut. Après une T.S il emprunte de l’argent à son frère et prend la route sans savoir où cela va le mener. Il veut juste aller mieux, il sait qu’il fait souffrir ses parents et s’en veut mais ne trouve pas la clé pour faire cesser tout cela. Il lui faudra 10 ans pour enfin recommencer à vivre.

J’ai enchaîné deux lectures dont les thèmes m’on particulièrement touché. Après la vague est le deuxième de ce mois de mai. Comment vivre après la mort de sa sœur jumelle ? Un thème fort qui me touche forcément ayant moi-même une sœur jumelle. Pour moi c’est inconcevable. Je me suis du coup plongé dans l’histoire comme en apnée. Surtout lorsque la vague arrive, que Jade lui lâche la main et qu’elle les emporte. C’est tellement bien écrit que l’on a l’impression d’y être, de vivre ce drame. Il fait beau, ils sont sur la plage et tout vas bien puis soudain au loin la vague arrive, d’abord admiratif ils se rendent vite compte qu’il y a un danger et cours main dans la main pour leur salut. Cette première partie est courte mais intense au niveau des émotions. Œuvre fictive inspiré d’une catastrophe naturelle mais tellement réaliste. On se met à la place de ces gens ce fameux jour de 2004 et c’est terrible. L’émotions nous prend à la gorge, nous serre le cœur.

Max, le beau gosse de 16 ans pour qui rien n’avait d’importance, va alors suivre un chemin initiatique, une lente et longue remonté de la pente. Réapprendre à vivre sans sa sœur, avec ses culpabilités, ses remords sans savoir comment en parler à ses proches, mettre des mots sur ses souffrances. Pourtant il est entouré par le reste de sa famille, voit un psy mais ce n’est pas assez. C’est seul qu’il part un jour et de ville en rencontre fortuite retrouvera la force de vivre, il comprendra qu’il n’est pas responsable et qu’il peut, qu’il doit vivre pour Jade, pour honorer son souvenir.

C’est un texte fort qui prend le cœur en étau, on souhaite que Max s’en sorte et on pleure avec lui la mort de sa sœur. Beaucoup d’émotion passe à travers ce livre. Les chapitres sont très courts et les pages se lisent vite. En une journée je l’avais fini. Mais l’idée final est que l’on peut vivre malgré un tel drame, du moins survivre pour respecter la mémoire de ceux qui sont partie. C’est avec des mots justes que l’auteure écrit son histoire, sobrement sans tomber dans le pathos ce qui n’était pas évident avec un tel thème.

« Jade disait qu’il y a des tas de romans dans une gare. Que les vies sont comme les rails : parfois elles s’étirent en parallèle, parfois elles se croisent. Que chaque train qui s’éloigne contient au moins une histoire qui finit et une qui commence. Oui, elle disait que les gares étaient pleines de joie et de tristesse ; et moi, je haussais les épaules, parce que je ne voyais que la joie. »

Othello deWilliam Shakespeare

Othello

Traduction François-Victor Hugo
Editeur Librio
Date de parution 17/08/2016
Collection Librio
Format 13cm x 21cm
EAN 978-2290133958
ISBN 2290133957

Résumé:

Général de Venise, Othello est un homme heureux : il a épousé la belle et vertueuse Desdémona. Mais son bonheur est fragile : jaloux, le perfide Iago tente de séduire Desdémona qui le repousse. Pour se venger, il persuade Othello qu’elle a pour amant l’honnête Cassio, distillant le mensonge à la façon d’un venin. Aveuglé par la jalousie, Othello commet l’irréparable avant de comprendre que l’on s’est joué de lui… Tragédie captivante, magistralement construite, Othello est sans doute l’une des plus belles expressions littéraires de la jalousie.

L’avis des sorcières:

Malgré ses origines maures Othello, grâce à ses prouesses, obtient les honneurs. Il a un bon poste, épouse contre l’avis du père de celle-ci, une femme qu’il aime et qui l’aime en retour. Mais cela attirent les jalousies.

Iago est bien décidé à le rabaisser et fera tout pour le perdre. C’est un traitre, un perfide qui manipule tout le monde et n’hésite pas à faire tuer lorsque cela s’avère nécessaire.

On plonge dans ce drame. On connait la fin mais on espère quand même qu’Othello ouvrira les yeux avant de commettre l’irréparable car son épouse, la douce Desdémone, n’est qu’une victime.

Pourtant la jalousie est un poison violent qui s’insinue lentement jusqu’à rendre fou, jusqu’à voir des choses où il n’y a rien, surtout quand les faits sont biaisé par un habile manipulateur.

J’ai beaucoup aimé cette pièce même si pour moi Iago est le perroquet dans le Aladdin de Disney ^^.

Iago : Les hommes sont des hommes, les meilleurs quelquefois s’oublient.
(But men are men, the best sometimes forget.)

Liaisons périlleuses au Costa Rica – l’intégrale de Ena Fitzbel

liaisons perilleuses au costa rica

Liaisons périlleuses au Costa Rica l’intégrale
Auteure : Ena Fitzbel
Illustration réalisée par Feather Wenlock
Parution : 15/09/2015
Livre dos carré-collé – format 14 x 22.5 cm
ISBN : 978-2-36540-922-3
Pages : 282

Quatrième de couverture:

Vous n’êtes jamais allé au Costa-Rica ? Quel dommage ! Qu’attendez-vous pour visiter l’une des plus luxuriantes forêts tropicales de la planète ? Peut-être n’aimez-vous pas les moustiques et autres créatures exotiques !

N’ayez crainte ! Vous n’aurez pas à en souffrir si vous suivez Marc Charleroi, guide expérimenté et ancien commando des Forces spéciales canadiennes. En plus d’être séduisant et spirituel, il veille toujours sur ses clients, même s’il a affaire à de parfaits citadins, comme Diane Fouché, la rédactrice en chef du magazine français Belle pour la vie.

Soucieuse de mener à bien son reportage, la ravissante et très distinguée Diane aurait pu s’en réjouir. Mais les esprits de la forêt se sont ligués contre elle pour la faire succomber au charme de son guide. Elle qui n’a jamais supporté les coureurs de jupons !

L’avis des sorcières:

Diane Fouché, rédactrice en chef du magazine « belle pour la vie » se retrouve à faire un périple au Costa Rica pour un article. Déjà qu’on est loin de son univers glamour parisien habituel mais en plus elle doit subir les moqueries de son goujat et coureur de Jupon de guide : Marc Charleroi. Les jours à venir ne vont pas être de tout repos. Marc ce n’est pas du tout mais alors du tout son genre d’homme. Sûr de lui, sexy, mufle, entre elle et lui il y a tout de suite de l’électricité dans l’air. Pourtant elle fini par coucher avec lui mais pour mieux le rejeter le lendemain car il a en quelque sorte abusé d’elle. Mais c’est sans compter sur son caractère bien trempé, elle ne se laissera pas faire. De réconciliation en dispute orageuse on va suivre leur périple à travers la jungle luxuriante du Costa Rica.

Lorsque j’ai rencontré Ena Fitzbel au Valjoly’maginaire je lisais  un manoir pour refuge  (du même auteure) et elle m’avait dit « tu verras ce n’est pas du tout le même genre ». Et en effet ici rien de fantastique, pas d’extra terrestre en vu ! J’avais quelques temps auparavant vu sur le net (merci FB) la couverture de l’intégrale de Liaisons périlleuses au Costa Rica (à la base il y a 5 épisodes) et j’étais tombée sous le charme de la couverture que je trouvais vraiment jolie. Du coup mon objectif lors de ce salon était :

  • un : d’échanger avec l’auteure à propos d’un manoir pour refuge et
  • deux : acheter cet ouvrage ! choses faites.

J’ai adoré les disputes entre nos deux héros !! C’est ce qui fait une grosse partie du livre. Des répliques cinglantes qui m’ont énormément fait rire. Ah la petite Diane, elle se laisse pas faire hein !! Elle a un sacré caractère comme j’aime. Au début du livre on est loin d’imaginer qu’elle puisse succomber au charme de Marc mais l’amour a ses raisons… du coup d’une simple histoire de sexe on finit dans le dernier épisode par voir qu’ils s’aiment vraiment c’est deux là. Pourtant vraiment rien ne les prédestinaient à être ensemble. Diane va quand même dans la jungle en talon haut et avec son rouge à lèvre (c’est vrai que c’est l’arme ultime un rouge à lèvres ! on sait jamais contre un serpent venimeux ça peut servir de sabre laser !! lol). Marc lui est un ancien commando des forces spéciales canadiennes alors forcément il y a contraste mais les contraires s’attirent dit on ! Et là oui on peut dire qu’ils s’attirent c’est même un grand boum entre eux.

D’un chapitre à l’autre nous avons le point de vue de Diane ou de Marc. Mais que ce soit l’un ou l’autre j’ai apprécié l’histoire tant leur caractère fort et leur répartie apportent au récit. Je ne cache pas que Diane m’a parfois énervée avec ses sautes d’humeur à répétition. Mais elle arrive toujours à se mettre dans des situations cocasses d’où Marc doit la sortir. Il y a des rebondissements jusqu’à la fin puisque Marc est Québécois, Diane Françaises chacun attaché à son style de vie et on les imagine difficilement faire des concessions du coup on est tenue en haleine jusqu’à la fin.

Encore une fois j’ai donc apprécié la plume de l’auteure qui décrit des scènes de sexe torride et des disputes épicées. Un vrai jeu du chat et de la souris. Moi aussi j’ai eu chaud en lisant ce livre ! Les décors décris donnent envie d’aller au Costa Rica (sauf pour toutes les bêbêtes genre serpents, araignées etc…). Les détails sur la faune et la flore du pays sont précis mais n’alourdissent pas le texte puisqu’ils sont donnés le plus souvent par notre charmant guide. On ressent les recherches de l’auteure sur l’environnement que les héros traversent.

Je n’ai pas été déçu du voyage et repartirai sans hésitation en sa compagnie. Peut être en Afrique (des packs d’eau pour l’Afrique chez le même éditeur) ou avec l’épisode 1 de rouge, pair et manque chez l’ivre-book la romance qui m’attend dans ma liseuse.

Un bon moment de détente avec ce livre.

« Si j’avais su ce qu’il m’arriverait, je n’aurais pas hésité un seul instant à vider le contenu de son sac dans une flaque de boue ou dans un trou de vipères. N’a-t’on pas idée de se balader en pleine jungle, avec ses petites culottes et ses effets de toilette ? Cette fille est folle ! Superbe, mais complètement folle ! »

« Je hasarde un coup d’œil en arrière, sans pour autant ralentir l’allure. En apercevant Marc, toujours à mes trousses, je comprends l’hilarité du couple. Ses vêtements au creux du bras, mon guide me pourchasse en tenue d’Adam, tel un satyre libidineux assoiffé de sexe. Je le déteste. »

Dagon de H.P. Lovecraft

Dagon

Editeur J’ai Lu
Date de parution mars 2003
Collection J’ai Lu Sf, numéro 459
Format 11cm x 18cm
EAN 978-2290332900
ISBN 2290332909
Nombre de pages 430

Quatrième de couverture:

Indicible et innommable, l’horreur est partout. Une menace universelle, aux dimensions démesurées du cosmos : dans la brume entourant les falaises de Kingsport, dans une vieille maison solitaire qui entre en résonance avec l’au-delà, dans le cadre rassurant de l’université Miskatonic d’Arkham, où le docteur Herbert West réanime les morts… Mais aussi en d’autres temps, d’autres lieux : au plus profond des abysses marines, antre du terrible dieu Dagon ; à Ulthar, où règnent en maîtres les chats ; au grand temple d’Ilarnek, dans lequel les hideux servants de Bokrug, destructeurs de la ville de Sarnath, adorent encore aujourd’hui leur idole impie… Trente nouvelles d’effroi et de poésie ténébreuse, trente terribles révélations sur les secrets que dissimule la réalité.

L’avis des sorcières:

Lecture commune avec L’île aux livres.

Le monde de Lovecraft est à la fois étrange, complexe, angoissant. L’auteur a cette facilité à retranscrire une ambiance tellement malsaine. Je pensais pouvoir faire découvrir son univers par ce recueil , et je n’aurais peut être pas dû!

Ce recueil rassemble 30 nouvelles écrites entre 1905 et 1937. On y retrouve les thèmes cher à Lovecraft: la folie, l’horreur ( dans ce qu’elle a d’indicible, d’inconnue), et d’ antiques civilisations. Chaque nouvelle est travaillée. On retrouve bien la plume de Lovecraft, fluide, sûre, précise. Il sait tellement faire passer les émotions des personnages, l’inextricabilité des situations! On n’y reste pas insensible.

Cependant l’ordre des nouvelles est assez décousu, ce qui nuit à la lecture ( c’est donc le travail sur le recueil que je remet en cause et pas l’écriture de l’auteur). On nous fait passer d’un univers à l’autre. Elles amorcent bien les prémices du monde de Chtulhu, et sa présence  dans nos quotidiens… Leur côté décousu peut donc un peu gêner. Il vaut mieux  piocher dedans au hasard, au grès de vos envies, ou encore rechercher celles qui vont ensemble… Personnellement, j’ai pioché dedans au grès de mes envies.

Le format nouvelle peut aussi montrer ses limites: aussi efficaces soit la plume de Lovecraft, on aimerait en avoir plus pour certaine, et on peut donc rester sur un goût d’inachevé.