Le gardien de la source

Editeur Pygmalion
Date de parution 13/01/2016
Collection Romans
EAN 978-2756418735
ISBN 2756418730

Quatrième de couverture:

« Puis elle le vit. L’individu qui l’observait se tenait en retrait, à l’opposé de la pièce. Il ne cherchait pas à se fondre dans l’assemblée des gens bien nés. D’ailleurs, ceux-ci l’évitaient. C’était presque imperceptible, mais le flot des civilités s’écartait de lui dans une valse consommée. » En cet été 1814, Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, et son héritière, Anne-Hélène, sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Si une telle invitation ne se refuse pas, la marquise est inquiète. Quelques mois auparavant, sa fille a souffert d’un mal funeste et été sauvée in extremis. Depuis, elle n’est plus tout à fait la même… Quelle est donc cette ombre qui plane sur Anne-Hélène ? Et pourquoi le mystérieux Lazare, baron d’Oppedette, semble-t-il soudain subjugué par la jeune débutante ?

L’avis des sorcières:

Merci à Pygmalion-logo pour cette découverte.

Vanessa Terral a un style d’écriture bien à elle : les textes que j’ai pu lire d’elle pour l’instant sont très travaillés, le langage est recherché (en fonction de l’époque où l’action se passe, la classe sociale des personnages, un point de l’Histoire, …) l’écriture est très poétique avec de nombreuses métaphores. Elle nous emmène avec facilité dans cette redécouverte du mythe de Perséphone et Hadès. Le choix de le transposer au 19è siècle est judicieux : cette période post Napoléonienne sert bien l’histoire : cette période d’entre deux, où Napoléon a été banni et reviens, et où la noblesse n’a plus vraiment sa place.

Les personnages sont très bien travaillés, complexes, ayant un côté sombre, ils ont chacun leur propre force et faiblesse. Je n’en n’ai pas aimé un plus que l’autre. Ils semblent tellement vrais dans leur réaction, dans leur caractère…. On n’aime pas tout chez une personne que l’on côtoie, là c’est pareil. Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, est adorable. Une vraie mère poule. Elle surprotège sa fille, mais qui peut la blâmer : elle a perdu son mari, gère seule son domaine (ce qui à l’époque, était loin d’être évident pour une femme seule), et ce avec ses valeurs (respect, charité) qu’elle tente de transmettre à sa descendante. Alors quand cette dernière, suite à un accident, frôle la mort, elle n’a d’autre recours que de faire appel à la Masco. Mais a qu’elle prix, car l’Equilibre se doit d’être respecté. Anne-Hélène de Varages  (Perséphone) est une jeune fille qui se révèle avoir un certain caractère  (elle a été élevée avec une certaine indépendance).  Elle se montre courageuse dans certaine situation où plus d’une se serait évanouit, mais tout en frôlant l’inconscience une fois sur deux. Elle est ambigüe, et semble cacher quelque chose. En tout cas, depuis cette fameuse nuit, elle n’est plus tout à fait la même. Lazare, le baron déchu, à tout pour qu’on le fuit : trafiquant, contrebandier, maître-chanteur… bref, il n’est pas très fréquentable. Et pourtant, je l’ai aimé comme personnage… surtout quand on apprend à le connaitre. Anne-Hélène et Lazare ont chacun un destin à accomplir, un fardeau à porter… qu’en sera-t-il ?

L’intrigue n’a pas en soi de grande surprise. Nous connaissons tous le mythe de Perséphone et Hadès, au moins dans les grandes lignes. J’ai beaucoup aimé la relation qui se tissait entre les deux principaux protagonistes. Les autres personnages sont aussi travaillés. Ils apportent à l’histoire, et permettent de lui donner encore plus de consistance.

Vous l’aurez compris, cette lecture fut un délice. Une très belle découverte.

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